La sobriété heureuse

La sobriété heureuse

Elle sillonne la France dans une drôle de roulotte en bois, qui rappelle les maisons dans les contes de fées. Yolaine Raymond, co-fondatrice de la Manufacturette, association nomade qui cherche à sensibiliser le public aux alternatives écologiques, nous a raconté l’histoire de ce living lab surprenant.

En décembre, La Commune accueille en résidence la Manufacturette. Ce sont eux qui ont proposé des ateliers comme Slow Cosmetics, Je deviens auto-constructeur ou encore Vers l’autonomie alimentaire, que vous avez déjà plébiscités sur les réseaux sociaux.

Nous vous proposons de découvrir l’histoire d’une association pas comme les autres, qui cherche à changer le monde, en répandant une philosophie centrée sur la prise de conscience, la bienveillance et la responsabilisation réciproque. Nous, ça nous parle !

Les débuts
Ça a commencé par une idée que certains pourraient appeler « farfelue ». Créer un petit habitat autonome, en utilisant des matériaux respectueux de l’environnement et des pièces de récup. Une maison avec une ossature en bois, isolée avec des fibres végétales. Un habitat qui génère en autonomie, toute l’énergie dont il a besoin. Pour le construire, Yolaine et ses complices ont utilisé des technologies alternatives, comme le pédalier générateur et le recycleur d’eaux pluviales. De fil en aiguille, soutenue entre autres par Darwin Ecosystème, le tiers-lieu Bordelais, la TinyBox a pris forme.
Mais les membres de l’association n’ont pas voulu en rester là. Animés par l’envie de partage et par le besoin de transmission, ils ont commencé à traverser la France, pour sensibiliser le grand public à l’auto-construction, au Do It Yourself responsable.

De tiers-lieu en tiers-lieu
La TinyBox se déplace de ville en ville. Elle élit généralement résidence dans les tiers-lieux, où elle reste pendant quelques semaines.
Petit à petit, en écoutant les besoins des gens, l’association a commencé à proposer des ateliers autour des sujets qui les intéressaient : les cosmétiques respectueux de l’environnement, un modèle alimentaire plus sain et plus participatif…

Inspiration et bienveillance
Nous avons demandé à Yolaine quel était généralement l’accueil du public. Est-ce que les gens sont ouverts aux alternatives proposées par la Manufacturette ? Sommes-nous prêts à embrasser le changement ?
« C’est toujours très amusant, quand on voyage avec la maison, ça crée tout de suite des liens et ça déclenche des réactions, nous confie Yolaine. Le public est ouvert. Quand ils sortent des ateliers les gens sont heureux et inspirés. Et ça nous inspire aussi !»

Le choix d’une vie nomade n’est pas un choix facile. Mais pour ceux qui ont créé la Manufacturette, le problème ne se pose même pas. Ce n’est plus de l’ordre du choix, c’est un devoir.
« Il faut le faire, conclut Yolaine. Quand on voit la conjoncture mondiale, le comportement à la maison, il est clair qu’il y a des choses à améliorer. Par le voyage, par l’émulation, dans un esprit de bienveillance mutuelle, nous allons y arriver. »

Nous avons eu une dernière curiosité. Ça semblait évident à la Manufacturette, mais nous avons posé la question : pourquoi avoir choisi La Commune comme lieu de résidence à Lyon ?
« C’est un tiers-lieu à part. Orienté autour d’un concept de laboratoire, de tremplin culinaire, qui privilégie les échanges et qui a fait de son mobilier de récupération un parti-pris… »
De notre côté et pour rester dans l’ambiance hivernale de ce milieu de décembre, pour résumer, la Manufacturette va comme un gant à La Commune.